Trucs et astuces, ressources et conseils pour partager avec ses proches une histoire commune.

3 mars 2015

Relier son histoire familiale à la grande Histoire

Raconter son histoire familiale, c'est reconstituer des parcours plus ou moins anciens, évoquer des faits personnels ou familiaux, reconstitués grâce à des recherches ou basés sur ses propres souvenirs.
Faire le lien entre ce récit et les événements de la grande histoire peut être simplement vouloir dire "rendez-vous compte, il y étaient". Mais si vous souhaitez donner du corps à votre histoire familiale et vous détacher des énumérations généalogiques, il est essentiel d'étayer régulièrement votre narration de rapports aux grands faits historiques, et de mettre en perspective certains faits anodins pour notamment expliciter l'impact du contexte général sur ces vies anonymes.

Exemple : François Damien, né à Paris le 30 avril 1826, puis marié à Paris le 21 juillet 1855 avec Madeleine Guichard. Il est décédé à l'âge de 45 ans - décès prématuré dont les archives taisent la raison, mais dont la date sonnera de manière particulière à tous les connaisseurs des archives parisiennes - le 9 mai 1871, soit quelques jours à peine avant la "Semaine sanglante" du 21 au 28 mai 1871. Si l'on y ajoute la précision de son dernier domicile - rue faubourg saint Antoine dans le 11e arrondissement, proche des tous derniers combats - l'évocation de ce modeste peintre en bâtiment prend une autre dimension en regard des événements de la Commune de Paris cette année là...

Faire parler les actes au delà des dates et des lieux

Dans votre généalogie, vous collectionnez les informations récoltées au gré de vos recherches dans les registres de l'État ou des paroisses. Vous n'avez eu de cesse de remplir vos fiches individuelles des classiques N M D, puis vous êtes passé aux suivants et avez accumulé des milliers de dates et lieux... et acquis la conviction que jamais vous n'aurez terminé !

L'évidence est partagée par tous : la généalogie est une activité sans fin - quand vous avez épuisé les registres en remontant si loin, il suffit de continuer sur les collatéraux ou, en fonction des archives nouvellement numérisées et disponibles en ligne, reprendre votre quête de nouvelles informations sur des ancêtres identifiés depuis longtemps. Les possibilités sont illimitées. Pourtant à quoi bon récolter ces données si jamais vous ne les exploitez ?

Pour ne pas rester un collectionneur d'ancêtres et faire honneur à vos heures de recherches en partageant votre savoir et vos découvertes, commencez par présenter votre généalogie autrement que par des énumérations d'informations brutes. Pour cela, plusieurs pistes s'offrent à vous : s'attacher aux bizarreries, aux dates charnières de l'histoire, pister les changements de lieux pour en comprendre les raisons, faire le lien avec le contexte de la profession exercée par vos ancêtres.

Les dates charnières de l'histoire

Révisez votre chronologie de l'histoire de France et partez à la recherche de ces années clés dans votre fichier généalogique pour en ressortir des anecdotes historiques mettant en perspective le parcours de vos ancêtres anonymes.
Il y a bien sûr les faits à dimension nationale, comme la Révolution, mais ne négligez pas la chronologie des événements d'un point de vue local. En croisant votre fichier généalogique avec les dates de l'histoire des lieux où ont vécu vos ancêtres, vous trouverez certainement des recoupements qui vous permettront, sinon de découvrir la preuve de leur participation à des événements particuliers, au moins d'expliciter leur contexte de vie.

Les concomitances de dates

L'analyse des dates clés des fiches individuelles de vos ancêtres doit être complétée de celle de leurs contemporains. L'exemple le plus courant étant probablement l'identification du décès rapproché d'une jeune mère et du dernier né de la fratrie, qui permet facilement d'évoquer l'hypothèse de complications d'un accouchement. Mais quand les enfants sont plus âgés et que plusieurs d'entre eux, ainsi que certains adultes qui les entourent, meurent à quelques jours ou mois d'intervalle, la piste d'une épidémie peut être explorée...
Sur des faits plus joyeux, le mariage le même jour de plusieurs membres d'une fratrie est l'occasion de décrire les traditions des célébrations communes des mariages dans certaines campagnes.

Les migrations de nos ancêtres

Aujourd'hui, dans une même vie, on peut naître à Hong-Kong, se marier au Chili et mourir dans la Creuse. Dans quelques décennies, hormis peut-être donner un peu de piquant aux recherches généalogiques, ce genre de parcours n'étonnera probablement personne. Mais si on se réfère à la difficulté que représentaient les déplacements autrefois, les raisons de grandes migrations de nos ancêtres étaient rarement anodines.
Il existe des exodes massifs ayant eu lieu dans certaines régions, dont le plus connu en France est peut-être celui des Alsaciens et Lorrains en 1872. D'une manière générale, pour des raisons diverses et à toutes les époques, des populations entières ont subi ou choisi d'exode. Chercher dans votre généalogie des distances significatives entre les lieux de naissance, mariage ou décès antérieurs au XIXe siècle sont ainsi souvent sources d'anecdotes intéressantes en regard de l'histoire de ces lieux.


Comment s'y prendre ? 

La sérendipité 

Oubliez la démarche logique de recherche dans les tables et des registres qui, de proches en proches, vous ont permis de remonter votre ascendance, et intéressez-vous à tout ce qui peut toucher de près ou de loin à l'histoire de vos ancêtres. Intéressez-vous à l'histoire locale, aux lieux et aux adresses identifiés dans les actes, aux métiers, sans forcément chercher à tout prix à retrouver le nom de vos ancêtres. 
Identifiez des mots ou notions clés sur la région, l'époque, le métier, la situation, sur le morceau d'histoire qui vous intéresse et partez en quête de documentation ou de témoignages sur le sujet. 
Cherchez des sources partout où vous pouvez : sur Internet bien sûr, mais prenez aussi conseil auprès de votre bibliothécaire, votre libraire ou interrogez encore des associations d'histoires locales. Usez de curiosité, poussez plus loin vos lectures sur les détails intrigants, recoupez les informations récoltées et vous verrez apparaître un flot d'anecdotes pour compléter votre généalogie.

La synthèse

D'une manière ou d'une autre, conservez la trace de vos lectures et découvertes, pour pouvoir y revenir ou vous y reporter si nécessaire. Tenez également à jour une liste des sujets que vous voudriez explorer. Puis, lorsque les informations récoltées vous semblent suffisantes, tentez de faire le lien entre votre généalogie et le contexte historique et local. 
Dans un premier temps en référençant toutes les sources accumulées, façon "Pour en savoir plus", mais dans une optique plus didactique pour vos lecteurs en synthétisant la matière récoltée et en explicitant le lien avec votre histoire familiale dans votre récit. Parmi ces sources, il n'y a bien souvent qu'une partie ou un détail véritablement pertinent ou intéressant - charge aux plus curieux de se référer à vos sources s'ils veulent en savoir plus.

La prudence 

Enfin, sachez faire preuve de la plus grande prudence dans vos analyses et récits sur votre généalogie et les événements de l'histoire commune : il est aisé de faire des raccourcis, de s'attribuer des fausses victoires ou encore de faire des contresens.
Ayez de la rigueur, comme dans l'établissement de votre base de données généalogique, et privilégiez les faits étayés aux hypothèses émises à la hâte. N'évoquez pas comme des vérités toutes faites des liens entre des événements historiques et vos ancêtres sans en avoir établi la preuve...


En conclusion : c'est ainsi que dans l'exemple de notre ancêtre parisien, sans plus d'informations précises que celles évoquées au début de ce billet, on ne peut évoquer la Commune que comme le contexte dans lequel il est mort. Émettre l'idée qu'il faisait partie des combattants pourrait une hypothèse accompagnée de son "faisceau de preuves" dans le récit de l'histoire familiale, mais l'affirmer serait alors de la romance... 
Vous comprendrez que dans cet exercice le généalogiste, passeur de mémoire, peut vite devenir un romancier s'il ne prête pas attention à la façon de présenter les détails de son récit familial.  


Acte de décès de François Damien, 1871 Paris, faisant partie des actes bâtonnés de la période de la Commune de Paris.




14 janv. 2015

Tableau d'inspiration Pinterest pour animer une cousinade

14:26 auteur Gwen Guidou Pas de commentaire
Pinterest est à la fois un réseau social et un catalogue d'images et de liens interactifs. Il permet grâce au tableau d'"épingler" des images issus d'Internet comme on le ferait sur un tableau en liège dans sa cuisine ou son bureau.
Au gré de mes pérégrinations, j'ai sélectionné dans un tableau dédié aux Cousinades et Réunions de famille des idées trouvées çà et là qui peuvent servir d'inspiration à tous ceux qui peuvent faire de leur journée en famille, un moment original, convivial, festif, voire inoubliable !

Vous y trouverez des idées pour des animations, pour utiliser et partager le contenu de votre généalogie, faire participer toutes les générations présentes, prendre des photos de groupe originales, agrémenter vos buffets... comme un complément à notre précédent billet consacré à l'organisation de sa cousinade http://brinsdhistoires.blogspot.fr/2014/05/organiser-sa-cousinade.html 

Abonnez-vous au tableau Cousinades et Réunions de famille de Brins d'Histoires sur Pinterest.

18 nov. 2014

La narration, le récit, la retranscription... et le point de vue !

09:06 auteur Gwen Guidou Pas de commentaire
L'écriture engendre inévitablement des moments d'hésitation. Il faut tâtonner, prendre des décisions et décider des éléments qui structurent le texte; choisir un style de narration, la personne du narrateur, des temps... faire figurer des détails dans le texte ou en notes de bas de page... sont autant de questions auxquelles il faut répondre pour construire son texte de manière homogène et cohérente, tout en espérant que le lecteur y trouve lui aussi son compte.
Mais il est une chose autrement plus essentielle que les qualités littéraires de votre texte : la vérité des faits relatés. Or en cette matière, qu'il s'agisse de souvenirs racontés ou de faits reconstitués grâce à des recherches généalogiques, tout est une question de point de vue...

"Ils étaient 300.000 selon l'organisation et 120.000 selon la police"

Nous l'entendons régulièrement au J.T. pour décrire les diverses manifestations qui ont lieu dans nos villes, entre discours officiel et "coup médiatique". Chacun y trouve sa vérité ou use de son sens critique pour estimer la réalité des faits...  Légitime ou non, il s'agit pour moi de l'illustration que le point de vue oriente la manière dont les faits sont relatés. Pour illustrer ce propos auprès des personnes que je rencontre, j'utilise souvent la parabole de l'éléphant et des aveugles, qui est une fable issue des philosophies indiennes.

« Six hommes d'Inde, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l'observant, puisse satisfaire sa curiosité. Le premier s'approcha de l'éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s'exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l'éléphant ressemble beaucoup à un mur! ». Le second, palpant une défense, s'écria : « Ho ! qu'est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! ». Le troisième s'avança vers l'éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s'écria sans hésitation : « Je vois que l'éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! ». Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! ». Le cinquième toucha par hasard à l' oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l'éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! ». Le sixième commença tout juste à tâter l'animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l'éléphant ressemble beaucoup à une corde ! ». Ainsi, ces hommes d'Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l'erreur. »

(c) wikispaces


Quelle que soit votre application à ne relater que des faits vécus ou vérifiés, le récit de votre histoire personnelle ou familiale n'échappera probablement pas à la règle. Votre sensibilité, vos opinions induiront parfois une distorsion de point de vue entre vous et certains de vos lecteurs, et c'est ainsi.
D'autant que plus le sujet sera sensible du point de vue familial, plus les réactions pourront être nombreuses. Lors de l'écriture, demandez-vous simplement parfois si certaines choses doivent être dites.

Mon conseil : assumez votre point de vue et ne vous trahissez pas. En "ménageant la chèvre et le chou" vous risqueriez d'attenter à la cohérence de votre texte. Néanmoins il est des sujets sensibles qui méritent parfois d'être passés sous silence.

15 sept. 2014

Un livre de famille qui devient support d'expositions sur la Grande Guerre

Au début de l'été, j'ai eu le plaisir de livrer leur livre à une famille : "Iris de Lorraine". Ce livre de correspondance familiale retrace le parcours d'une petite fille pendant la guerre de 14-18 à travers plus d'une centaine de lettres écrites à son père soldat. Ces lettres avaient été conservées dans une petite boîte, oubliées puis retrouvées par hasard il y a quelques années.

Le livre de famille "Iris de Lorraine" réalisé par Brins d'Histoires
pour les descendants de la petite Marguerite dit "Iris de Lorraine".

Cette petite fille n'est autre que la mère de Michèle, qui m'en a confié la réalisation et a souhaité à travers lui remettre en lumière et préserver d'un second oubli l'histoire de sa famille autrefois violemment déracinée par la "Grande Guerre".



Les lettres de la petite 'Iris de Lorraine' sont la plupart du temps illustrées par des dessins d'une rare finesse. Elles évoquent leur départ précipité de leur village de Lorraine, dès les premiers jours du conflit, puis la vie près de Paris et Clermont-Ferrand où Marguerite et sa mère s'étaient réfugiées.

Les lettres ont été retranscrites et agrémentées d'anecdotes suivant le fil de la chronologie de la guerre qui permettent de mettre en perspective ce témoignage familial. En sélectionnant les thématiques historiques qui jalonnent les 200 pages de ce livre, Michèle a souhaité rendre hommage à sa mère et permettre aux plus jeunes de mieux comprendre ce passé pour eux méconnu.


Cette démarche familiale est aujourd'hui devenue bien plus large. Le centenaire de la Grande Guerre qui entame cette année un cycle de 4 années de commémorations en tous genre est une occasion de faire connaître le témoignage de cette petite fille à un plus grand nombre de personnes.

Michèle a donc non seulement contribué à la "Grande collecte" en déposant les lettres aux Archives Nationales (disponibles sur Europeana 1914-1918) mais participe aussi à des expositions locales où les lettres sont présentées au public.
La prochaine se situe à l'institution Ste Alyre à Clermont Ferrand du 18 septembre au 3 octobre dans le cadre de la Mission centenaire 14-18. Je souhaite à de nombreux visiteurs de découvrir cette émouvante histoire, qui pour ne rien gâcher se termine en "happy end"...


12 sept. 2014

Retouches photos : Les photos de documents (à défaut de scan)

Dans la suite de nos articles consacrés aux outils gratuits de retouche photo, voici un outil indispensable pour le chercheur d'archives nomade... Celui qui vous permettra de reprendre les photos de photos ou de documents, solution utilisée par nombre de visiteurs aux archives, où de plus en plus les photocopies deviennent prohibées ou lorsque l'on ne peut pas emprunter les originaux pour effectuer des scans de qualité.

Vous voilà donc contraint de revenir chez vous avec les photos de toutes vos trouvailles arborant en arrière plan le revêtement des tables de la salle de lecture. Si en plus par malchance, les documents consultés ayant subi l'épreuve du temps sont gondolés, vos images n'ont plus aucun attrait... et ressemblent à cela :


L'outil magique qui va vous servir à retoucher votre image et rattraper la mauvaise qualité de la prise de vue s'appelle "Perspective". C'est un outil disponible dans le logiciel GIMP (téléchargeable gratuitement à installer sur votre ordinateur).


L'outil Perspective peut être appelé de différentes manières :

  •  en cliquant sur l'icône dans la Boîte à outils,
  •  dans la barre de menus de l'image par Outils/ Outils de transformation/ Perspective, 
  •  ou en utilisant la combinaison de touches Maj+P.

Au lieu de purement et simplement rogner les bords de l'image, l'outil perspective vous permet de rééquilibrer l'ensemble de l'image en positionnant les repères aux coins de la zone à redresser (les points rouges dans l'image) :



Après validation de l'effet, le résultat est nettement plus présentable et vous pouvez continuer vos retouches sans l'effet gondolé et le fond disgracieux de l'image initiale.



14 août 2014

Vacances en famille, le moment idéal pour partager les histoires de famille

Lors des foires et salons où je présente des exemples de réalisations Brins d'Histoires, certains livres impressionnent par le nombre de générations ou d'ancêtres évoqués dans les histoires de famille. Je leur explique alors, qu'il y a bien sûr des généalogies plus avancées ou plus fournies que d'autres, mais surtout que l'histoire d'une famille commence par celle des générations les plus proches !

Retracer l'histoire familiale à travers le parcours de ses parents, grands parents et arrière-grands-parents, représente déjà 14 destins personnels et 1001 anecdotes et souvenirs.

Or quoi de mieux que cette période estivale, époque des vacances en famille pour prendre le temps de discuter avec vos parents ou grands-parents.  Cette liste de 10 thèmes permet d'enclencher de manière informelle le partage de souvenirs en commençant par vos parents.

  1. Leur prénom : Connaissent-ils l'origine de leur(s) prénom(s) ? Pourquoi s'appellent-t-ils ainsi ? Ont-ils failli s'appeler autrement ? et votre nom de famille ?
  2. Leur scolarité : Quels souvenirs gardent-ils de leur école primaire ? Les souvenirs de rentrée ?Portaient-ils la blouse ? Le tableau d'honneur existait-il encore ? Quelles étaient les différences avec aujourd'hui ?
  3. La vie de famille : Comment se passaient les repas de famille quand ils étaient enfants ? Pour quelles occasions la famille se réunissait-elle ? Quels plats étaient servis ? Qui organisait, qui préparait, qui recevait ?
  4. Leur jeunesse : Quels étaient leurs loisirs, leurs sorties, leurs vacances ? 
  5. L'indépendance : Quand ont-ils quitté la maison familiale pour s'installer ailleurs ?
  6. Le travail : Ont-ils eu des petits emplois lorsqu'ils étaient jeunes ? Et ensuite ? Que représentait leur salaire par rapport au niveau de vie de l'époque ?
  7. Leur rencontre : Dans quelles circonstances se sont-ils rencontrés ?
  8. Leur mariage : Comme s'est passée la demande, l'organisation puis le Jour J ?
  9. L'arrivée des enfants : Comment s'est passé la (ou ses) grossesse(s)? Quelle était leur situation à l'époque ? 
  10. Et puisque c'est la période des fêtes de village et événements festifs en tous genres : comment se passaient ces fêtes quand ils étaient jeunes ? Était-il d'usage d'offrir des cadeaux comme aujourd'hui ? Quels en sont leur souvenirs ? 
Choisissez bien votre moment afin d'avoir "le temps de prendre le temps" et favoriser votre échange. Pour compléter chaque question, faites-lui évoquer ce qui n'existait pas à l'époque en comparaison d'aujourd'hui, à travers les objets, les lieux, les lois ou les manières de faire.

Au delà du moment de partage, pour ne rien perdre de la discussion, enregistrez la ! La plupart des téléphones ont aujourd'hui une fonction dictaphone, vous permettant de prendre le temps ensuite ou bien plus tard de réécouter ou d'exploiter ces témoignages audio pour écrire votre histoire familiale.


(c) imagebase

8 juil. 2014

Portrait n°5 : David, le mystérieux anglais

15:28 auteur Gwen Guidou Pas de commentaire
Pour continuer la série de lettres-portraits consacrés aux histoires inattendues, originales ou plus sombres que l'on trouve dans les arbres généalogiques : voici David, sujet anglais, qui a vécu en France au 19e siècle. Il reste un personnage mystérieux malgré les traces qu'il a laissé entre la France et le Royaume-uni... il semble avoir un jour tout quitté sans laissé d'adresse.

Certes le divorce n'existait pas et théoriquement seule la mort pouvait séparer les époux, mais quelle intrigante disparition.



" Tu es né en 1826 dans une famille nombreuse des Midlands, non loin de Birmingham. Tu étais le deuxième d’une fratrie de sept enfants. Dans cette Angleterre du début de la révolution industrielle, ton père fabriquait des moulins à café.

Ton enfance sera marquée par l’industrialisation d'une Europe autrefois rurale et l’arrivée massive dans les villes d’une main-d’œuvre s’échappant des campagnes. Tu n'as probablement pas étudié longtemps, mais plutôt été très vite formé dans un atelier comme ouvrier fondeur. Tu aurais peut-être pu reprendre la fabrique de père, développer ses affaires ou trouver une place dans une des nouvelles usines de la région, mais lorsque tu entends parler de ces français qui recrutent des ouvriers anglais moyennant un salaire très alléchant, tu sautes sur l'occasion.  

Quand et comment as tu traversé la Manche ? tu n'as laissé aucun indice. Nous savons seulement que tu étais encore adolescent, et qu'à cet époque de nombreux ouvriers anglais firent le voyage réputés pour leur savoir faire. Les français sont alors en retard sur leurs cousins anglais et attirent des ouvrier pour moderniser la production d'acier dont la demande est de plus en plus forte.

On te retrouve à Pont Audemer en 1845 : en juillet tu me maries, en août tu deviens papa... Il était moins une ! Pourtant tes parents avaient donné leur consentement dès le début du mois de janvier devant un magistrat anglais. La mère de l'enfant Alphonsine est une jeune couturière originaire d'Évreux. 
Tu es encore bien jeune lorsque tu arrives en Normandie à Pont-Audemer. Tu participes à la fabrication des rails pour les toutes nouvelles lignes ferroviaires reliant Paris à la Normandie. La fonderie tourne à plein régime et il y a de quoi faire !

Mais très vite te voila contraint de te réfugier en Angleterre et de laisser derrière toi ta femme Alphonsine enceinte. L'acte de naissance précisera que ton domicile est en Angleterre, un comble pour toi qui venait de fonder ton foyer en Normandie... Malheureusement le 19e siècle est celui du progrès, mais aussi celui du printemps des peuples et des révolutions. Celle de février 1848 marqua la fin de la Monarchie de Juillet et l’instauration de la Deuxième République. Dès lors, un fort ressentiment anti-anglais apparut au sein de la population française ; des milliers d’ouvriers et d’ouvrières travaillant alors en France, durent retourner de l'autre côté de la Manche pour échapper aux exactions. 

Par la suite, la prise de pouvoir par Louis-Napoléon Bonaparte, puis le rétablissement de l’Empire en 1852, apaisa les tensions envers les anglais, et tu as pu revenir auprès d'Alphonsine. Trouvant un emploi de forgeron dans l’Est industriel de la capitale, vous vous êtes installés dans ce qui allait devenir le Quartier Latin, rue Saint Jacques. Vous avez plusieurs enfants : tout d’abord des jumeaux, François Eugène et Alphonsine Joséphine, en 1856, puis Ernest François en 1859, Jules Joseph en 1860, et enfin Henri en 1862. Ton fils François Eugène, mon ancêtre, est devenu par la suite libraire à Paris, tout en conservant sa nationalité anglaise. 

Fernand Cormon, Une forge, 1893, huile sur toile, musée d'Orsay (source)


Tout semblait aller pour le mieux pour toi et ta famille. Et pourtant, la dernière trace de ta présence au sein du foyer figure sur l'acte de décès de ton jeune fils Jules Joseph, 4 ans en 1864. Ensuite tu disparais, visiblement sans donner de nouvelles. Pour preuve, ton fils indique lors de son mariage qu'il ne sait pas ce qu'il est advenu de toi...

Ce mystère parait être résolu grâce aux recensements du Royaume Uni : en 1871, tu sembles réapparaitre à Bishop Auckland, dans le Nord non loin de Middlesbrough, où tu as retrouvé un emploi de mouleur dans une fonderie. Tu serais mort en 1882 d'une hernie étranglée, maladie typique de ton métier, semble-t-il seul et sans famille. 

Mais pourquoi avoir tout quitté ainsi ?" 

14 mai 2014

Organiser sa cousinade

17:46 auteur Gwen Guidou Pas de commentaire
La cousinade est à la mode... c'est d'ailleurs, comme les mariages, en ce moment le début de la saison de ces réunions de famille pas comme les autres où l'on se réunit sur la simple joie de réunir des familles plus ou moins élargies ! 

Pour ceux qui hésiteraient encore et voudraient savoir comment faire, voici une vue d'ensemble des étapes de l'organisation d'une cousinade. Je reviendrai dans de prochains billets sur ce blog sur le détail de chaque étape.





Concrétiser l'idée

L'idée vous trotte dans la tête depuis un certain temps... Les articles de votre quotidien local montrant la photo de groupe des dernières cousinades de la région, vous ont donné l'envie d'organiser votre propre événement familial.

Pour vous lancer, la première chose à définir est ce que j'appelle le "point de cousinage", autrement dit le point commun qui réunira les participants à votre cousinade : Souhaitez-vous réunir tous les descendants d'un couple ? Tous les porteurs d'un patronyme ? en mettant au centre de l'événement l'arbre généalogique de la famille ? ou souhaitez-vous simplement réunir toutes les générations de votre famille la plus proche dans des circonstances neutres (qu'un mariage par exemple) ? 

C'est en répondant à ces questions que vous pourrez d'une part définir le thème de votre cousinade et d'autre part évaluer le nombre d'invités et ainsi déterminer l'ampleur de l'événement. 

Commencez une liste de participants potentiels, pour d'une part les dénombrer, et d'autre part identifier les contacts qu'il vous faudra encore chercher avant de pouvoir lancer vos invitations. 

Astuce : Si vous faites le choix d'un très large cercle familial, avec des cousins de lointains degrés, que vous n'avez peut-être même jamais rencontrés, les réseaux sociaux peuvent être un moyen de les retrouver et de les contacter. Dans ce cas, il faudra savoir présenter votre projet pour les convaincre d'y participer !

S'entourer

Quelle que soit l'ampleur de votre cousinade, soyez réaliste : il vous faudra du temps pour organiser tout cela et vous ne pourrez probablement pas le faire seul. La seconde étape est donc de s'entourer d'une équipe volontaire et motivée pour participer à l'organisation de la cousinade.
Vous pourrez ainsi répartir les tâches selon les centres d'intérêts et compétences de chacun et créer une émulation positive où vous ne serez plus seul à penser à tout - car oui, encore une fois, dites vous bien qu'il y aura du travail avant d'arriver au jour J !

La première mission de l'équipe organisatrice sera de confirmer le "point de cousinage" et le thème, puis de fixer une date et évaluer un premier budget avec notamment un montant par personne à ne pas dépasser.
Conseil : La date devra être suffisamment lointaine pour mettre toutes les chances de votre côté afin de trouver un lieu et de mobiliser un maximum de participants. 

Faites connaître votre cousinade en envoyant un "Save the date". Vous enverrez à vos invités les premiers éléments d'informations (thème, date, budget estimatif) en leur demandant de répondre sur le principe s'ils souhaitent participer.
Astuce : Si les invités à votre cousinade sont très nombreux et que vous n'avez pas encore toutes les coordonnées, le "Save the date" est aussi l'occasion de les inciter à faire circuler l'information et de vous faire savoir les noms les gens potentiellement concernés.

Planifier

Lorsque vous avez obtenu un nombre suffisant de réponses affirmatives ensuite passer aux choses sérieuses et commencer à planifier tous les détails de votre cousinade : 
  • trouvez d'abord pour trouver un lieu qui puisse accueillir le nombre d'invités. Le must est de trouver un lieu en rapport avec le thème : une salle communale ou un lieu avec hébergement dans la région natale de vos ancêtres communs, voire convaincre le propriétaire de l'ancienne maison familiale de mettre à disposition ses murs et son jardin. Pensez toutefois à l'accessibilité et à la configuration des lieux, en cas notamment de mauvais temps...
  • confirmez la date et la durée de la cousinade : un jour, deux jours, un week end prolongé grâce à un jour férié ? Ce détail est important car il déterminera pour vous et vos invités différentes contraintes logistiques.
Officialisez l'événement en envoyant cette fois-ci les invitations détaillées. N'oubliez pas d'y joindre la présentation de la cousinade et de ce que vous comptez organiser, notamment en termes d'animations, car même si c'est à la mode, certains invités auront besoin de détails pour comprendre de quoi il s'agit.
Conseil : anticipez la logistique en même temps que la planification, car dès l'envoi de l'invitation, vous risquez de recevoir des questions des membres de la famille...

Organiser la logistique

C'est bien connu, "Le diable se cache dans les détails"... En tant qu'organisateur, vous serez sollicités sur tous les sujets qui concernent le déroulé de la réunion familiale, il faut donc vous y préparer et déterminer aussi la participation pécuniaire ou matérielle que vous allez éventuellement solliciter auprès des invités à la cousinade : 

  • Quel sera le planning de votre cousinade : début, fin, temps forts, activités, repas, voire soirée dansante ! 
  • Comment seront préparés le (ou les) repas ? Il est fréquent lorsque la cousinade dure une journée, de faire appel à un traiteur pour un plat principal idéal pour les groupes (paella, cochon grillé, etc...) et de solliciter les participants pour apporter les entrées et les desserts. Dans ce cas, il vous faut organiser qui apporte quoi, au risque de vous retrouver avec trop ou pas assez.
  • Si les hébergements sont nécessaires, proposez-vous une solution aux invités ou s'agit-il d'une organisation libre ? Précisez le dans votre invitation.
  • Quel sera le montant de la participation aux frais et qui sera en charge de récolter les contributions ? Vous aurez pour cela besoin de gérer précisément le retour des invitations, avec confirmation et paiement, a fortiori si la participation est différente entre adultes et enfants... 
Conseil : faites des listes pour chaque thème, en nommant un responsable pour chaque liste qui sera en charge de relancer les gens ou d'alerter l'équipe en cas de problème. Pour la logistique rien ne vaut un bon tableau Excel bien ficelé. 

Et parce que vous n'en finirez pas de répondre individuellement à ces questions aux participants de votre cousinade, l'idéal est de pouvoir en faire un blog ou une lettre d'information (papier ou numérique) qui à intervalles réguliers (tous les mois, tous les deux mois) avant le jour J permettra de tenir tout le monde au courant des dernières nouvelles sur l'événement.

Animer la journée

C'est seulement après avoir mobilisé la famille et organisé votre cousinade que vous pourrez enfin prévoir les activités qui viendront animer votre journée. 
L'indispensable est bien sûr l'arbre généalogique : quel que soit son support, chacun sera intéressé de savoir qui est qui dans l'assistance, mais aussi quels sont leurs liens de parenté et leur histoire commune... C'est surtout le moment idéal de partager les souvenirs de famille, photos et documents, mais aussi d'en récolter de nouveaux !  

Prévoyez d'occuper les enfants, mais aussi les grands ! Des animations comme celle dont j'ai parlé dans un billet précédent (comment faire un arbre de descendance en photo) sauront à la fois amuser les participants et leur laisser un souvenir original de la cousinade.

Désignez un ou plusieurs photographes pour immortaliser les souvenirs de votre journée et n'oubliez pas la fameuse photo de groupe : trouvez un moyen de faire monter le photographe en hauteur afin de prendre le groupe entièrement 

Notez qu'en fonction des activités de la journée, vous aurez probablement des besoins en matériels (une sono pour la musique, un rétroprojecteur pour projeter vidéos ou photos, ...), et divers accessoires, pour la décoration, les animations, etc.

Astuce : Associez à votre blog ou votre lettre d'information tous vos besoins en matériel et demandes en photos ou documents de famille, les participants seront probablement ravis de contribuer s'ils le peuvent, en évitant ainsi de gonfler les frais de l'organisation.

Enfin, ne négligez pas l'importance de l'accueil des participants : plus la cousinade sera importante, moins les gens se connaîtront entre eux. Il faudra donc accueillir les gens et leur permettre de savoir qui est qui pour faciliter les rencontres et les échanges. Prévoyez pourquoi pas des badges ou des signes distinctifs (casquettes, t-shirts, foulards de couleurs) pour identifier les différentes branches de la famille et pourquoi pas des jeux qui mettront en concurrence (joyeuse et festive) toutes les générations de chaque branche ! 

Et après ?

Le jour J passé, il vous restera à remercier les participants en leur mettant à disposition les photos de la journée ... et proposez leur de remettre cela dans 2 ans ... pour entre temps vous reposer un peu !


Si vous aussi avez déjà organisé une cousinade et souhaitez partager votre expérience, je vous invite à me contacter pour contribuer dans un prochain article qui évoquera plus en détails chaque étape de l'organisation d'une cousinade.